Arrivés à la Grand Place, nous faisons face à deux longues files aboutissant à un bras de foule rattaché à un petit cabanon au dessus duquel se trouve des… tarifs ? Mmmh… nous comprenons qu’une caution de 2€ est prévue pour le verre. L’entrée est gratuite… ah la bonne blague, vous pouvez vous “balader” (dixit “vous agglutiner”) dans la foule afin de regarder les jolis stands publicitaires des brasseurs à l’intérieur de tentes vertes, et si ce n’était que ça… Nous sentons une odeur de moisi, non sans leurre, car des défilés de chevaux y avaient laissés quelques brins de purin sur la place ici et là. La chaleur favorisait la dissipation du parfum. Ah, Bruxelles en fête, la bonne odeur de la bière, c’était les touristes qui devaient être ravis !

Vous voulez vous entretenir amicalement avec le brasseur de votre bière favorite? Vous êtes un vrai connaisseur et vous désirez goûter une nouvelle bière? Ou tout simplement vous êtes un grand amateur de “terrasses” et vous souhaitez déguster une savoureuse bière belge dans un des plus beaux endroits du monde?

La foule (ou “troupeau”) est écrasée dans des allées trop étroites, des gens boivent et parlent effectivement autour de terrasses intelligemment placées dans les “allées trop étroites” (et n’importe où ailleurs… aussi), bloquant le passage. De la place, y’en a pas, et il faut de la patience pour avoir une table et des chaises. La location de matériel de réception, connaît pas. Autant le dire tout de suite, c’est mal organisé : personne ne fait avancer la meute (limiter de temps de dégustation par stand aurait été judicieux), et on entrevoit de malheureux porteurs de bières au dessus de leur tête (je n’ai pas vu comment ils ont procédés ensuite pour boire).

Et pour apprécier la Grand Place, si vous êtes noyé entre les têtes, les corps grassouillets assaisonnés de sueur, de bière, probablement d’un peu de vomi et de deux ou trois joyeux lurons, bonne chance les gars et gattes !

L’entrée est gratuite et le prix des bières démocratique!

Restaient finalement les “pauvres” jobistes des stands à capsules et the tarif : 1 capsule pour 1 euro qui ne vous sera pas restitué. Pas dramatique allez-vous me dire, et plutôt démocratique… “Démocratique”, voilà the mot pour définir le passage suivant : “minimum : 5 capsules et minimum 1 par personne” + 1 jeton de 2€ pour la caution du verre.

- “Donc, c’est minimum 5 capsules et on les récupère pas ?”
- “Oui, c’est ça.”
- “Donc, on donne une capsule en échange d’une bière, on donne le verre vide et on nous rend pas la capsule ?”
- “Oui, mais la plupart des bières coûtent entre 3 et 4 capsules…”
- “Ah, je vois…” (échange de regard avec ma compagne)
- “Finalement, on va se résigner. Merci !”

Le boutonneux n’a rien trouvé d’autre que de nous tirer la gueule d’un air moqueur lorsqu’on s’est résigné à payer et à entrer là dedans. Le bougre a sans doute oublié qu’il n’en a probablement rien à foutre puisqu’il ne mettra quand même pas mon argent dans sa poche. Oh mais pardon, j’ai posé des questions et il a dû faire l’effort de me répondre. Mes plus plates excuses.

Une bière brassée avec savoir se déguste avec sagesse.

C’était aussi cher (3 à 4€ pour la plupart) si pas plus que dans une brasserie, alors que l’intérêt était simplement de déguster et non d’engloutir des verres de 33 cl ou plus… J’imagine même pas ceux qui songeaient à déguster l’ensemble des bières… si, bien sûr, ils souhaitaient simplement “déguster”. Bonjour l’arnaque et la pompe à fric…

Enfin, je répète qu’il s’agissait de la journée de samedi. Heureusement, nous nous sommes consolés autour d’une jeune gueuze (Lambic) de la Bécasse, l’une des plus vieilles brasseries de la capitale, logée au creux d’une ruelle étroite, à proximité de la Bourse et que je recommande chaudement aux amateurs.

L’année prochaine, préparez-vous à décuver votre mois de salaire. ;-)